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Ferme Arc-en-ciel : « Entre permaculture et décroissance : naissance d’une révolte en douceur. »
Posté par fixe le 26/08/2009 22:20:00 (168 lectures)

Je vous invite à lire attentivement cet article paru dans SaluTerre (trimestriel avril-juin 2009 des Amis de la Terre). Tous nos remerciements aux auteurs, Marc Van Damme et Graziella Van Lo, qui ont bien résumé quelques idées de Rudolf. C’est d’autant important que Rudolf commence à être fatigué de répéter les mêmes choses (moi aussi, parfois…), et que trop rares sont les personnes qui le comprennent vraiment pour agir dans la pratique avec conséquences. L’intellect est une chose qui, apparemment, ne suffit pas à rendre les choses concrètes… Il revient donc toujours la question des subsides ! Quand est-ce qu’on va comprendre la situation ? Il n’y aura plus d’argent quand les catastrophes tomberont plus encore… Et ce n’est pas uniquement nous qui sommes alarmistes. Il y a de plus en plus de voix qui s’élèvent de par le monde pour le crier haut et fort, depuis longtemps ! Les caisses se vident ! De plus, on ne peut pas continuer éternellement à participer à cette économie barbare !!

Si ce texte pouvait donc aider à faire comprendre ce que représente notre panier dignité… bien plus que des légumes que nous proposons depuis plus de 15 ans maintenant ! Au début, on était pris pour des doux-dingues… Aujourd’hui, les paniers bios sont devenus à la mode un peu partout, trop souvent hélas pour des raisons économiques seulement… avec trop d’achats et de reventes dans le contenu des paniers !
S’il pouvait permettre aussi un meilleur engagement de celles et ceux qui trouvent encore que les légumes sont trop… ou pas assez… Après tout, nous mangeons la même chose que vous : ce qui pousse dans nos jardins sauvages et cultivés ! SIMPLEMENT. NATURELLEMENT.
Je souhaiterais tellement qu’il suscite aussi en vous la réflexion sur notre critique des subsides dans la création de postes inutiles… C’est de paysans que nous avons besoin avant tout ! Des paysans qui cultivent la terre nourricière. La liste d’attente est longue pour les paniers et nous ne pourrons jamais satisfaire tout le monde. Il faut donc arrêter de tourner en rond ! Nous devons retrousser nos manches et passer à la pratique. Tous ensemble : avec bon sens, sourire et persévérance…Et ne pas toujours distribuer nos responsabilités à autrui… C’est à chacun(e) de s’engager, à la mesure de nos petits moyens… qui peuvent devenir grands, une fois mis bout à bout ! Souvenez-vous : l’oignon fait la farce… enfin l’union fait la force. Il est peut être là le fond du problème. Les humains de nos sociétés modernes sont- ils encore capable de réfléchir et d’agir pour le groupe et non pas individuellement ? Il faut réellement s réfléchir à cette question. Mais si on veut se donner les moyens, on y arrivera ! Pour cela, il faut passer à la pratique, dans le sens d’un effort constant, soutenu et délibéré pour apprendre aussi à trouver une meilleure compréhension de la réalité (lire « La pratique sauvage », essais en liberté pour une nouvelle écologie, de Gary Snyder –dernier poète de la Beat Generation- éditions du Rocher, 1999).
Pour bien comprendre les enjeux, il faut les vivre ! Se donner les moyens de cultiver la terre ou soutenir directement celles et ceux qui la cultive ! Cela revient à dire qu’il faut retrouver sa liberté. Se réapproprier les moyens pour y arriver. Et vivre en véritable collectivité.
A LA TERRE, CITOYEN(NE)S !
Serge, un paysan sans grande culture… qui cultive la biodiversité…

« Homme…sache que si uniformité ne te déplaît, point ne saurait contenter peuple végétal et animal desquels tu n’es pas le maître, et dont régime alimentaire n’a rien de particulier si ce n’est que tu t’acharnes à détruire et que Nature a créé, c'est-à-dire… DIVERSITE ! » (La Guimauve, Nicole Collins, éditions de l’ASBL « LU MARIOLINNE »). Et ces autres belles phrases dans le même livret :

« Femme ! Si tu veux, tu peux créer
Dans ce monde une révolution
Une révolution de beauté
Par ton amour et ta raison.

Tu peux tout, parce qu’au fond de toi
Règne constamment la non –violence.
Et que la douceur de la voix
Peut beaucoup par ton éloquence.

Parce que ton corps a enfanté
Tu as mieux compris la souffrance
Parce que ton cœur a tout donné
Tu as ressentit l’espérance.

Certes, tu comprends l’homme mieux que lui
Car tu l’as conservé en toi
Dans son embryon il apprit
Tout l’alphabet des premiers pas.

Femme, tu peux certainement changé
Cet homme qui ne sort que de toi.
Inculque-lui la vérité
C’est ta vocation, c’est ton droit.
Femme ! Tu dois faire comprendre à l’homme
Qu’il ne peut répandre le sang.
Car tout ce sang qu’il verse, en somme,
Vient de ta vie, de tes enfants.

J’aimerais que tu fasses en sorte,
Que tout petit, l’homme soit guidé
Vers un idéal qui le porte
A ne jamais te faire pleurer. »
Albert Chantraine
Poète-Ecrivain au service de la Paix

A cela, je dois ajouter :
Faut-il continuer à dépendre de la bonne ou mauvaise volonté de celles et ceux qui prétendent nous gouverner en ne tenant même pas compte de notre santé ? Une personne sur trois est atteinte maintenant d’un cancer et le taux de stérilité ne cesse d’augmenter !!!
CRIMES CONTRE L’HUMANITE. Il faut accuser les dirigeants complices de non assistance à la Terre et aux êtres vivants en danger. Ces mots peuvent paraître d’une grave dureté, mais imaginez… si vous aussi vous étiez personnellement touché ! Il serait trop tard pour pleurer.
Que pouvons-nous faire si ce n’est nous regrouper, nous responsabiliser, nous organiser,… Boycotter et prodiguer la désobéissance. Toujours sans violence.
Contre la haine et la guerre. Contre les pesticides, les OGM et le nucléaire. Et toutes ces horribles choses que les hommes ont inventé, soit disant pour le bien de l’humanité… On peut dire que c’est bien raté !
Nous sommes en ETAT D’URGENCE ! !! Les politiciens ont l’air de s’en moquer. En tout cas, ils ne réagissent pas très vite. Il faudrait réunir un gouvernement mondial de sagesse et de paix !
Comment faire comprendre aux hommes fous d’arrêter ? Peut-être que les femmes devraient faire la grève des bébés (cela c’est déjà fait, je crois… ?). Ultime espoir peut-être pour faire comprendre aux hommes d’arrêter de commettre les innommables atrocités… !!
Déjà dans le livre « Printemps silencieux » de Rachel Carson paru en français en 1963 et préfacé par Roger Heim, alors président de L’Académie des Sciences et directeur du Muséum National d’Histoire Naturelle qui ne mâcha pas ses mots : « L’orgueil superbe des technocrates - j’allais dire des usurpateurs (car les savants créateurs ferment les yeux sur l’usage de leurs découvertes) – et leur chimiothérapie marqueraient un progrès s’ils appartenaient à des esprits et à des mains lucides ; mais ce sont, ici encore, souvent les apprentis sorciers, laissés en liberté, qui ouvrent les écluses. On arrête les ‘gangsters ‘, on tire sur les auteurs des ‘ hold up’, on guillotine les assassins, on fusille les despotes –prétendus tels- mais qui mettre en prison les empoisonneurs publics instillant chaque jour des produits que la chimie de synthèse livre à leurs profits et à leurs imprudences ? ».
Et à juste titre ! Qui osera mettre un jour ces empoisonneurs publics et les politiciens complices sur le banc des accusés ? Dans nos sociétés plus que informées, on ne peut pas dire qu’on ne sait pas !
« Les neiges éternelles devenues ruisseaux,
la banquise millénaire disloquée,
la pluie, la foudre, la tempête là où l’air était tranquille,
la fureur du feu partout dans l’air nous parlent.
Le fond des mers décimé de ses poissons,
les bancs de coraux du Pacifique asphyxiés,
le sable de la Caspienne irradié pour 6000 ans,
les fleuves en crue sur les pieds nus des enfants nous parlent.
La forêt tropicale partie en journaux, en papiers d’emballages,
les irokos, les ébènes morts à prix sacrifiés en chaises de jardin,
les terres éreintées de donner la vie à marche forcée,
les oasis du Sahara rendues au vent des sables nous parlent.
Le sang des bêtes répandu en crèmes, en vêtements, en conserves,
les cachalots, les baleines bleues suicidés par milliers sur nos plages,
le mercure brillant dans l’écaille des poissons,
les hirondelles qui ont perdu la route de l’Afrique nous parlent.
les familles errantes dos à leurs maisons ravagées par des saisons devenues folles,
les membres déformés des nourrissons violés par l’atome,
nos cellules baladées sans conscience comme de vulgaires ustensiles,
les yeux de nos gosses qui ne veulent pas voir de quoi demain sera fait nous parlent d’une réalité folle et sans précédent devant laquelle tout homme honnête devrait se battre. »
« STOP », un ouvrage de Laurent De Bartillat et Simon Retallack, éditions du Seuil – Paris, 2003.

Ou encore dans la conclusion du livre « La planète au pillage, la tendance de l’homme à détruire les sources de la vie », de Fairfield Osborn, président de la Société Zoologique de New York, Payot- Paris, 1949 :
« Enfin, quand la vérité pourra-t-elle se faire jour sur le plan des relations internationales ? Quand se décidera-t-on à reconnaître ouvertement que l’une des principales causes de l’attitude agressive de certaines nations et d’une bonne partie des discordes actuelles entre groupes de nations provient d’une diminution dans la capacité productive de leurs terres en même temps que la pression toujours accrue d’une population sans cesse grandissante ? D’un bout du monde à l’autre il n’est pas un pays qui ne se trouve au bord de la même crise. Il est passé, le temps des considérations théoriques comme la troisième des Quatre Libertés, « la liberté de ne pas mourir de faim ». Ceci est et restera une déclaration vide de sens aussi longtemps qu’on n’y joindra pas un exposé du problème actuel assez clair pour que tous les peuples en soient portés à unir leurs efforts en vue de sa solution. La marée de la population humaine monte toujours tandis que baisse le grand réservoir des ressources naturelles dont elle tire sa subsistance. Les techniciens auront beau se dépasser eux-mêmes dans la création de produits susceptibles de remplacer les aliments naturels, on aura beau mettre en valeur de nouvelles zones, par exemple dans les pays tropicaux ou subtropicaux, il n’en reste pas moins impossible de compter sur les nouvelles ressources à en provenir pour arrêter l’élan terrifiant des attaques aujourd’hui dirigées contre les ressources vitales naturelles du monde entier. A cela une seule solution est possible : l’homme doit reconnaître la nécessité où il se trouve de collaborer avec la nature. Il doit rabattre de ses exigences, utiliser et conserver les ressources naturelles du monde entier de la seule manière qui puisse permettre à la civilisation de se maintenir. La solution finale ne peut venir que d’une meilleure compréhension du grand et éternel processus des forces naturelles. Le temps est aujourd’hui fini où l’on pouvait espérer le braver impunément. »
Et cela date de 1949… Dans la préface de ce même ouvrage : « Il est une beauté sensible dans le seul son de ces mots « la bonne terre ».Ils suggèrent à notre esprit la vision des divers éléments et forces de la nature travaillant en pleine harmonie. De tout temps l’imagination des hommes a été enflammée par la conception d’une « symphonie de la terre », mais aujourd’hui nous savons que cette antique conception des poètes et des philosophes correspond bien à une réalité. La Nature peut être une chose de beauté et certes si bien une symphonie, mais-au dessus, au-dessous et au niveau de ses immuables essences, de ses distances, de son apparente quiétude et immutabilité, c’est en même temps une machine active, parfaitement agencée et coordonnée en vue d’un certain but. Chacune de ses parties dépend d’une autre ; toutes sont en relation avec le mouvement de l’ensemble. Forêts, herbages, sols, eaux, vie animale –si un seul de ces éléments de vie venait à lui manquer, la Terre mourrait, deviendrait un astre mort comme l’est déjà notre Lune. Ceci peut se démonter de façon à ne pas laisser place au plus léger doute. Déjà certaines régions terrestres, jadis vivantes et productives, ont ainsi succombé sous les mauvais traitements de l’homme. D’autres sont en train de mourir. Si nous continuons à en faire périr d’autres, la Nature ne manquera pas de se rattraper inexorablement, de la façon qui lui est propre, comme d’ailleurs elle a déjà commencé à le faire. ».
Il faut passer à l’action ! Pas qu’avec sa tête, mais aussi avec ses mains, au quotidien ! « Dans la forêt, il faut un nombre d’années à peu près équivalent à la vie d’un arbre pour qu’un arbre abattu se décompose entièrement. Si nos sociétés pouvaient apprendre à vivre à ce rythme, nous n’aurions ni pénuries ni extinctions. L’eau des rivières serait claire, et le saumon serait toujours de retour pour se reproduire. » (Gary Snyder, La pratique sauvage, éditions du Rocher, 1999).
Quand ces pages se refermeront, ami lecteur, le mot « fin » ne doit servir qu’à continuer ou commencer le changement dans notre quotidien à nous, indubitablement, pour marcher dans la révolte permanente. AGIR. Reconquérir sa vie, aller vers l’autonomie.www.passerelleco.info
Et comme l’écrivait Léo Ferré, cette une invitation à nous suivre dans ce monde merveilleux de l’Amour, de la Révolte, de la Solitude. Les mots ne servent qu’à çà ! Soyez heureux, toujours !
Il y en a des choses dans notre panier dignité !


Serge, 19 juillet 2009. Absent de la démarche pour la décroissance ce week-end sur l’installation paysanne à la ferme du Dôrloû, alors que c’était prévu d’y être, mais je suis cloué à la maison à cause d’une inflammation du genou. Heureusement que nous sommes à plusieurs à cultiver ! Encore une bonne raison de développer une agriculture paysanne familiale, communautaire,…bref à plusieurs pour parer aussi le plus possible aux imprévus.

Serge

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